Le comité d'organisation est heureux de vous présenter les conférencières et conférenciers du 6e Colloque international du CRISES.


CONFÉRENCE PRINCIPALE | Nancy Fraser

Nancy Fraser est professeure à la New School for Social Research et titulaire de la chaire Henry A. and Louise Loeb ainsi que d’une chaire de recherche internationale au Collège d’études mondiales de Paris. Philosophe de formation, elle se spécialise dans la théorie sociale critique et la philosophie politique.

Son plus récent ouvrage, Cannibal Capitalism: How our System is Devouring Democracy, Communities, and the Planet,paraîtra chez Verso en 2021. Fraser a aussi récemment publié Féminisme pour les 99% : un manifeste, en collaboration avec Cinzia Arruzza et Tithi Bhattacharya (Verso, 2019 et traduit dans 20 différentes langues); The Old is Dying(Verso, 2019); et Capitalism: A Conversation in Critical Theory, avec Rahel Jaeggi (Polity Press, 2018).

Dans ces ouvrages, Nancy Fraser théorise la relation entre capitalisme et oppression raciale, reproduction sociale, crise écologique, mouvements féministes et montée du populisme de droite. Elle explore aussi ces thèmes dans une série d’essais parus dans la New Left Review, le Critical Historical Studies, l’American Affairs, et l’ouvrage Fortunes of Feminism: From State-Managed Capitalism to Neoliberal Crisis(2013). Elle est aussi l’autrice de Transnationalizing the Public Sphere (2014); Scales of Justice(2008); Adding Insult to Injury: Nancy Fraser Debates her Critics (2008); Redistribution or Recognition?A Political-Philosophical Exchange,en collaboration avec Axel Honneth (2003); Justice Interruptus (1997) et Unruly Practices (1989).

L’œuvre de Nancy Fraser a été traduite dans plus de vingt langues et a été citée à deux reprises par la Cour suprême brésilienne (dans le cadre de décisions concernant le mariage pour tous et toutes et l’action positive). Chevalier de la Légion d’honneur, membre de l’American Academy of Arts and Sciences et ancienne présidente de l’American Philosophical Association, Division de l’Est, Fraser a reçu six diplômes honorifiques, le prix international Nessim Habif de l’Université de Genève, le prix Havens/Wright Center Lifetime Award for Contribution to Critical Scholarship de l’Université du Wisconsin, ainsi que le prix Alfred Schutz en philosophie sociale de l’American Philosophical Association.


CONFÉRENCE DE CLÔTURE | Julie Battilana et Dominique Méda

Julie Battilana est professeure titulaire de la chaire de gestion Joseph C. Wilson dans l’unité de comportement organisationnel de la Harvard Business School, ainsi que de la chaire d’innovation sociale Alan L. Gleitsman de la Harvard Kennedy School. Elle y préside la Social Innovation and Change Initiative, qu’elle a elle-même fondée. Dans le cadre du programme MBA, Battilana donne présentement le cours de deuxième année « Power and Influence », et a précédemment offert le cours de première année « Leadership and Organizational Behavior (LEAD) ». Elle enseigne également au niveau doctoral ainsi que dans les programmes d’« executive education ».

Dans le cadre de ses recherches, Battilana étudie les procédés par lesquels les organisations et les individus réussissent à entreprendre et à mettre en œuvre des changements qui divergent des normes établies dans des secteurs d’activités donnés. Ce type de changement s’avère particulièrement ardu puisqu’il nécessite non seulement de s’affranchir des normes en place, mais aussi de convaincre et de rallier différents acteurs. En développant deux axes de recherche pour analyser ces changements à différents niveaux, Battilana tente d’élucider les mécanismes nécessaires à leur amorce et à leur mise en place. Le premier axe s’intéresse aux conditions qui poussent des individus à entreprendre et à mettre en œuvre un changement au sein de leur organisation. Le second axe se penche davantage sur les manières dont les organisations elles-mêmes divergent de formes organisationnelles bien ancrées, depuis longtemps incontestées, qui forgent les structures et systèmes de gestions adoptés par un secteur donné. Les recherches orientées par ce second axe mettent en lumière le rôle de l’organisation hybride qui est définie comme suit : « les activités, structures, processus et définitions par lesquels les organisations comprennent et combinent différentes formes organisationnelles ». Battilana s’intéresse particulièrement à l’exemple des entreprises sociales comme forme d’organisation hybride. Celles-ci divergent à la fois du modèle entrepreneurial que de celui des organismes à but non lucratif, tout en se fondant sur des éléments de ces deux modèles. La chercheuse tente de comprendre comment ces organisations hybrides réussissent à concilier de manière durable ces différents aspects, tout en maintenant des performances sociale et commerciale de haut niveau.

Julie Battilana a publié dans l’Academy of Management Annals, l’Academy of Management Journal, le Harvard Business Review, le Journal of Business Ethics, leLeadership Quarterly, le M@n@gement, le Management Science, l’Organization, l’Organization Science, l’Organization Studies, le Research in Organizational Behavior et le Strategic Organization.Son travail a aussi été présenté dans différentes publications telles que Businessweek, Forbes, Huffington Post et Stanford Social Innovation Review. Elle a aussi régulièrement publié dans le périodique français Le Monde.

Née en France, Julie Battilana est titulaire d’un baccalauréat en sociologie et en économie, d’une maîtrise en sociologie politique et d’une maîtrise ès sciences en sociologie des organisations et études des politiques publiques de l’École normale supérieure de Cachan. Elle est aussi titulaire d’un diplôme de l’École des hautes études commerciales (HEC), d’un doctorat conjoint en comportement organisationnel à l’INSEAD et d’un doctorat en gestion et économie à l’École normale supérieure de Cachan.


Dominique Méda est ancienne élève de l’École Normale Supérieure et de l’École Nationale d’Administration, agrégée de philosophie. Membre de l’Inspection Générale des Affaires Sociales, elle a été responsable de la recherche au Ministère du travail de 1993 à 2006, avant d’être directrice d’études au Centre d’études de l’emploi puis de devenir Professeure de sociologie à l’Université Paris Dauphine-PSL. Elle est aujourd’hui directrice de l’Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales (IRISSO) et co-titulaire de la chaire « Reconversion écologique, travail, emploi, politiques sociales » à la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH). Elle est l’auteure d’une vingtaine d’ouvrages, seule ou en collaboration, consacrés au travail, à l’emploi, aux politiques sociales et à la reconversion écologique. Dernier ouvrage paru : Isabelle Ferreras, Julie Battilana, Dominique Méda, Manifeste Travail. Démocratiser. Démarchandiser. Dépolluer, Seuil, 2020.


CONFÉRENCES PLÉNIÈRES

Carolina Andion

Carolina Andion est professeure au Département d’administration publique et d’études supérieures en administration du Centre des sciences administratives et socio-économiques (ESAG) de la Santa Catarina State University (UDESC). Elle est responsable du Centre de recherche sur les innovations sociales dans la sphère publique (NISP) et coordonnatrice de l’Observatoire de l’innovation sociale de Florianópolis. Professeure Andion travaille depuis plus de vingt ans dans le domaine de la société civile et de l’innovation sociale au Brésil et elle est l’auteure de plusieurs publications nationales et internationales sur le sujet. Elle est membre de l’International Society for Third Sector Research (ISTR) et de l’Association Pragmata. Ses intérêts de recherche actuels portent sur la société civile et l’innovation sociale dans la sphère publique, l’expérimentation démocratique, la gouvernance collaborative, les écosystèmes d’innovation sociale et les villes, le développement territorial durable, ainsi que l’épistémologie et la sociologie des sciences de l’administration publique.

Flor Avelino

Chercheuse et maîtresse de conférence au Dutch Research Institute for Transitions (DRIFT) de l’Erasmus University of Rotterdam, Flor Avelino s’intéresse aux politiques de transitions durables et à l’innovation sociale transformatrice. Elle se spécialise dans le rôle qu’exercent le pouvoir et l’empowerment dans les processus de changement. Elle porte un intérêt empirique et personnel particulier pour les réseaux et les mouvements sociaux dits « translocaux » qui luttent pour des communautés et des sociétés plus justes et plus durables.

Loïc Blondiaux

Loïc Blondiaux est professeur de science politique à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne où il dirige le Master « Ingénierie de la concertation » et chercheur au Centre Européen de Sociologie et de Science Politique (CNRS/Paris I/EHESS). Ses recherches portent aujourd’hui en particulier sur la théorie de la démocratie et les innovations démocratiques. Sur le plan académique, il dirige la revue Participationset co-dirige le GIS Démocratie et Participation. Il a été membre du comité de gouvernance de la Convention Citoyenne pour le Climat et siège à la Commission Nationale du Débat Public en tant que personnalité qualifiée. Il a également de nombreux engagements associatifs et militants dans le domaine de la démocratie et de l’environnement (Fondation pour la Nature et l’Homme, Institut de la Concertation et de la Participation Citoyenne, Décider Ensemble, Démocratie ouverte…). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Le Nouvel esprit de la Démocratie. Actualité de la démocratie participative, Seuil, 2008 ; (en collaboration) Inventer la Démocratie du XXIème siècle,Les liens qui libèrent, 2017 ; (avec C. Traïni), La démocratie des émotions, Presses de Sciences Po, 2018 et (avec B. Manin), Le tournant délibératif de la démocratie, Presses de Sciences Po, 2021.

Jean-Baptiste Comby

Sociologue, chercheur au Centre d’Analyse et de Recherche Interdisciplinaires sur les Médias (CARISM) ainsi qu’au Centre Nantais de Sociologie (CENS), Jean-Baptiste Comby est Maître de conférences à l’Institut Français de Presse de l’Université Paris II Panthéon-Assas. Il a étudié la construction publique et les appropriations sociales du problème climatique en France dans les années 2000. Cette recherche a donné lieu à diverses publications dont un ouvrage paru en 2015 aux éditions Raisons d’Agir : La question climatique. Genèse et dépolitisation d’un problème public. Jean-Baptiste Comby y propose une première analyse des enjeux environnementaux en termes de rapports de classe. Il travaille depuis à affiner ce prisme, notamment en resserrant la focale au niveau des fractions de classes. Pour ce faire, il a piloté le volet qualitatif d’un programme de recherche financé par l’Agence Nationale de la Recherche et portant sur « Les Ressorts Sociaux de la Conversion Écologique ». Enfin, il a récemment entamé un travail sur les pratiques et les dispositifs de quantification des émissions de GES des ménages.

Janice Fine

Cofondatrice et directrice de recherche et de stratégie du Center for Innovation in Worker Organization (CIWO), Janice Fine détient un doctorat en science politique du MIT et est professeure de Labor Studies and Employment Relations à la School of Management and Labor Relations de la Rutgers University. Dans son enseignement et ses écrits, elle s’intéresse à différents enjeux tels que les formes d’actions collectives entreprises par les travailleuses et travailleurs à faibles revenus aux États-Unis et les stratégies innovatrices des organisations syndicales et communautaires. Ses analyses portent également sur les débats historiques et contemporains au sein des mouvements ouvriers concernant les politiques d’immigration, sur l’application des normes du travail, sur la privatisation et sur l’implication gouvernementale.Elle est l’autrice du livre Worker Centers: Organizing Communities at the Edge of the Dream publié par la Cornell University ILR Press et la Economic Policy Institute.Avant de devenir professeure àRutgers, Fine a travaillé pendant plus de vingt ans comme organisatrice dans les milieux communautaires, ouvriers, politiques et de coalition.


EN ROUTE VERS LE 6e COLLOQUE INTERNATIONAL DU CRISES

Antonio A. Casilli

Antonio A. Casilli est professeur de sociologie àTélécomParis, école des télécommunications de l'Institut Polytechnique de Paris. À l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), il anime le séminaire "Étudier les cultures du numérique". Il est parmi les fondateurs du réseau ENDL (European Network on Digital Labour). Notons parmi ses publications Les liaisons numériques (Seuil, 2010), En attendant les robots (Seuil, 2019).

Édith Cloutier

Depuis plus de 30 ans, Édith Cloutier, membre de la Première Nation Anicinabe, se consacre au rapprochement entre les peuples, au mieux-être des Autochtones en milieu urbain et à la défense des droits des Premiers Peuples. Détentrice d’un baccalauréat en sciences comptables, elle dirige depuis 1989 le Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or. Édith Cloutier se distingue par son approche dynamique et humaine, axée sur la recherche de solutions.Sous sa gouverne, le Centre est devenu un véritable carrefour de services novateurs pour les Premiers Peuples. Son apport favorise le rayonnement du Centre qui remporte de nombreux prix dont, en 2010, une mention d’honneur au Prix Droits et libertés et, en 2017, le Prix d’excellence du Canada lui fut décerné par l’Association nationale des centres d’amitié autochtones.

Fréquentant diverses tribunes nationales et internationales, Madame Cloutier est bien connue pour son engagement au service du mieux-être des Autochtones en milieu urbain. Elle s’est notamment démarquée comme présidente du Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec, comme codirectrice de l’Alliance de recherche ODENA, une structure partenariale de soutien au développement global de la population autochtone des villes québécoises, et, depuis 2014, elle codirige le Réseau de recherche et de connaissances relatives aux peuples autochtonesDIALOG. Elle a siégé au conseil d’administration de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) de 2004 à 2010 et est devenue la première femme autochtone à présider le conseil d’administration d’une université au Québec. Pendant son mandat, elle a notamment contribué à la création du pavillon des Premiers-Peuples de l’UQAT. Elle siège maintenant au comité exécutif de l’Association nationale des centres d’amitié autochtones au Canada et contribue à la reconnaissance sur le plan politique des droits des Autochtones dans les milieux urbains. Son engagement lui a valu plusieurs reconnaissances dont Chevalière de l’Ordre national du Québec (2006), l’Ordre du Canada (2013) et le Prix de la justice du Québec (2016).

Édith Cloutiera joué un rôle déterminant en accompagnant plusieurs femmes autochtones dénonçant le racisme et les abus physiques et sexuels dont elles auraient été victimes de la part de policiers de la Sûreté du Québec. Cet engagement dans l’accompagnement et la lutte pour l’équité et la sécurité des femmes autochtones teintent ses actions, d’autant plus que pour elle « c’est à travers les femmes autochtones en ville que le travail de réédification de nos peuples et de nos Nations progresse ».

Carole Lévesque

Professeure titulaire à l’INRS et détentrice d’un doctorat en anthropologie (Sorbonne), Carole Lévesque a consacré la totalité de sa carrière aux questions autochtones. Depuis plus de 45 ans, elle travaille en étroite collaboration avec les communautés, organisations ou instances autochtones du Québec et d’ailleurs. Elle a notamment expérimenté et mis au point plusieurs formules de recherche participative et de coconstruction des connaissances.

Katherine Gibson

Katherine Gibson est professeure et chercheuse à l’Institute for Culture and Society de la Western Sydney University. Spécialiste en géographie économique, elle jouit d’une renommée mondiale pour ses recherches novatrices en transformation économique. Elle a plus de 30 ans d’expérience de collaboration avec des collectivités pour créer des économies résilientes. Ses livres co-signés « J.K. Gibson-Graham », nom collectif qu’elle a partagé avec la défunte Julie Graham (professeure de géographie, Université du Massachusetts, Amherst), comprennent notamment The End of Capitalism (As We Knew It): A Feminist Critique of Political Economy(Blackwell, 1996) et A Postcapitalist Politics(University of Minnesota Press, 2006).Ses ouvrages les plus récents sont : Take Back the Economy: An Ethical Guide for Transforming Our Communities,co-écrit avec Jenny Cameron et Stephen Healy(University of Minnesota Press, 2013), Making Other Worlds Possible: Performing Diverse Economies, co-édité avec Gerda Roelvink et Kevin St Martin (University of Minnesota Press, 2015), Manifesto For Living in the Anthropocene, co-édité avec Deborah Bird Rose et Ruth Fincher (Punctum Press, 2015) et The Handbook of Diverse Economies (Edward Elgar, 2020) co-édité avec Kelly Dombroski. Elle est aussi membre fondatrice du Community Economies Collective.

Maud Simonet

Maud Simonet est directrice de recherches en sociologie au CNRS et directrice de l’IDHES-Nanterre. Ses travaux portent sur le travail bénévole, le travail invisible et le travail gratuit, principalement en France et aux États-Unis. Elle est l’autrice de Travail gratuit, la nouvelle exploitation ?chez Textuel en 2018, et avec John Krinsky de Who cleans the Park ?Public work and urban governance in New york City, The University of Chicago Press, 2017.