Comment caractériser les manières de s'informer en ligne ?

Questions de méthodes et enjeux de connaissance

 

Colloque franco-québécois organisé par le Centre d’étude des médias (CEM)

 et le LabCMO, Université du Québec à Montréal, 15-16 novembre 2018

 

Ce colloque est centré sur les approches méthodologiques mobilisées pour caractériser les manières de s'informer en ligne, et sur les enjeux épistémologiques qui y sont liés.

 

Aperçu du programme :

 

Jeudi 15 novembre 2018


13h : Arrivée des participant.e.s


13h30 : Accueil – Mot de bienvenue

 

13h45 – 15h30 :

Actualité des méthodes de recherche en sciences sociales sur les pratiques informationnelles

Présentation des résultats d’une recherche (CEM, 2018)

Serge Proulx, professeur émérite, UQAM

Julien Rueff, professeur associé, Université Laval

 

15h30 – 16h : PAUSE

 

16h – 16h30 :

Discutant : Florian Sauvageau, professeur émérite, Université Laval

 

16h30-17h30 :

Discussion avec la salle.

 

17h30 – 19h : COCKTAIL

 

Vendredi 16 novembre 2018

9h – 12h30 : Les manières de s'informer en ligne


9h : Arrivée des participant.e.s


9h30 – 10h45

Dominique Pasquier, Directrice de recherche, CNRS, Paris :

 

Quand s’informer c’est partager : une enquête dans la France populaire rurale

À partir d’une enquête fondée sur des entretiens et l’analyse de comptes Facebook d’ouvriers et d’employés de services à la personne vivant dans des zones rurales, cette présentation mettra en valeur les deux caractéristiques principales du rapport à l’information : a) la prééminence de l’intérêt pour l’information locale, voire micro-locale, au détriment des sources nationales disponibles en ligne ; b) l’importante circulation de liens partagés sur Facebook dénonçant à la fois les élites politiques et médiatiques, et les individus vivant de l’aide sociale, dans une vision commune d’un monde triangulaire où les classes populaires non précaires seraient directement menacées.

 

11h15 – 12h30

Éric Dagiral, Maître de conférence et chercheur, Université Paris-Descartes :

 

S'informer sur sa santé, en ligne et avec des données

Comment les individus s’informent-ils sur la - et sur leur - santé ? Dans quelle mesure internet contribue-t-il à reconfigurer à la fois les formats de l’information disponible ainsi que les pratiques informationnelles ? À partir d’éléments issus de trois enquêtes échelonnées entre 2008 et aujourd’hui, plusieurs perspectives seront identifiées et analysées. L’invention, à la fin des années 1990, d’un portail européen d’information dédié à des « maladies rares » introduira les pratiques d’information à visée diagnostique ; l’étude d’un ensemble de forums du site Doctissimothématisera la part conversationnelle de l’information de santé et de la construction de connaissances individuelles et collectives. Enfin, les données relatives à la santé et au ‘bien-être’ produites via les technologies de quantification du soi interrogeront les appuis et les formes d’ajustement aux personnes de telles prises informationnelles originales. L’articulation de ces différentes perspectives, saisies en tant que manières de connaître, fera enfin l’objet d’une discussion.

 

12h30 – 14h : LUNCH

 

14h – 17h :

La recherche en sciences sociales et le numérique - Enjeux épistémologiques

 

14h – 15h15

Valérie Beaudouin, Professeure et chercheure, Télécom ParisTech :

 

« Digital Methods » : vers un rapprochement entre sciences sociales et humanités ?

Dès ses fondements, une partie de la sociologie s'est fixée comme programme de faire émerger des faits sociaux à partir de la construction d'observables et de leur quantification. Dans les humanités, qui s'inscrivent dans une tradition beaucoup plus ancienne, la question de la mesure est apparue beaucoup plus récemment, dans les années 1960, avec le développement de l'informatique (humanities computing) et trouve un essor spectaculaire avec les Digital Humanities. Les humanités travaillent à partir des documents (d’archives en histoire, de textes littéraires et philosophiques en littérature et philosophie…) ; l’outil informatique est mis au service de l'analyse des textes mais aussi de leur éditorialisation, archivage, visualisation... La rencontre entre la sociologie quantitative et les humanités numériques se construit avec le développement de l'internet quand l'activité et les productions sur le web, qui sont des textes (multimédia, interconnectés, etc.), deviennent une ressource cruciale pour étudier le social. Nous verrons les conséquences méthodologiques et théoriques liées à ce rapprochement entre les méthodes provenant de deux champs disciplinaires distincts.

 

15h15 – 15h45 : PAUSE

 

15h45 – 17h

Jean-Samuel Beuscart, Chercheur, Orange Labs (Paris) :

 

Faire de la sociologie avec des grandes données numériques

Le développement des grandes données numériques interroge les sciences sociales de plusieurs manières. Par leur échelle, par leur promesse d’exhaustivité, par leur finesse d’enregistrement, ces données ne ressemblent ni à celles issues des enquêtes quantitatives, ni aux matériaux qualitatifs auxquels sont habitués les sociologues. En outre, elles sont mobilisées par d’autres disciplines, telles que les sciences informatiques ou la physique sociale, qui formulent ainsi des constats et des explications sur la société, potentiellement concurrentes de celles des sociologues. Dans quelle mesure les grandes données numériques peuvent-elle être mobilisées dans une démarche de sciences sociales ? A quelles conditions peuvent-elles contribuer aux grandes tâches de la sociologie : décrire, comprendre, expliquer, prédire, critiquer ? À partir d’exemples tirés de nos recherches et de la littérature, nous traçons la voie d’une intégration douce, raisonnée, non-révolutionnaire des méthodes dites computationnelles à la sociologie.

 

17h : CONCLUSIONS

 

Colette Brin, professeure titulaire, Université Laval, Directrice du CEM

 

Florence Millerand, professeure titulaire, UQAM, Codirectrice du LabCMO

 

Serge Proulx, professeur émérite, UQAM (École des médias, LabCMO et CEM) / professeur associé, Télécom ParisTech

 

 

18h : Fin du colloque