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«Tout était vrai et donc rien n’était vrai; tout était faux et donc rien n’était faux.» La (ré)invention des grands récits à l’ère du numérique

What:
Talk
When:
10:00 AM, Wednesday 15 Aug 2018 (1 hour 15 minutes)
Where:
How:
Discussion:
0
Les « fake news », qui font la manchette presque quotidiennement depuis novembre 2016 dans les médias et sur les réseaux sociaux, nous ramènent à une interrogation beaucoup plus vaste sur les notions de vérité et de mensonge. Ces dernières se situent au cœur de la
trilogie du romancier français Antoine Bello, composée des Falsificateurs, des Éclaireurs et des Producteurs, parus entre 2007 et 2015 aux Éditions Gallimard. La trame des trois récits repose en effet sur les activités du CFR, le Consortium de Falsification du Réel, fondé par un certain Pierre Ménard et au sein duquel des milliers d’employés, en poste un peu partout sur la planète, travaillent à la fabrication des grands « récits » qui feront en sorte de préserver une certaine stabilité à l’échelle mondiale.
Cette communication portera surtout sur le troisième roman de la trilogie, Les Producteurs, dans lequel la circulation libre, sur l’internet, de toutes sortes d’informations et documents pose les limites de l’activité de falsification du réel à laquelle se consacre entre autres personnage principal de Sliv Darthunghuver, un jeune islandais qui gravit les échelons de l’organisation secrète jusqu’à faire partie du Comex – l’équivalent d’un conseil d’administration. Les activités de l’agence se voient en effet de plus en plus dépendantes de l’usage du Web et des réseaux sociaux. Or, si le numérique facilite la circulation et l’accès aux renseignements, il diminue considérablement la possibilité de falsifier la réalité sans être démasqué, comme le réalisent les agents du CFR chargés d’une mission spéciale liée à la découverte d’une cité Maya en mer, au large de l’Amérique centrale. Le roman de Bello, qui reste traditionnel dans sa forme, s’articule ainsi, comme on le verra dans le cadre de notre analyse, autour de la désinformation, de la réécriture de l’Histoire, mais surtout, du rôle et des pièges du numérique dans la fabrication des « archives » du monde contemporain
Participant
Université Concordia
Professeur