Où est la marche / Where is the step ?

Quoi:
Work
Quand:
3 jours 20 heures
Où:
Centre de Design (DE) UQAM - Galerie du Centre de Design
Discussion:
0

La question ontologique de l’essence du cinéma, incarnée par Bazin et son « qu’est-ce que le cinéma » se déplace aujourd’hui, sous la poussée de nouvelles formes de consommation des images vers une « relocation » du cinéma, résumée dans cette question : « où est le cinéma ? ».
Après avoir investigué le code, le génératif, l’algorithme, le flux, nous pourrions nous demander aussi où est la littérature numérique, avec une sortie de l’écran rendant parfois caduque cette idée d’une littérature principalement électronique.
La velléité d“écrire en numérique” semble abandonner les tests et essais de littérature numérique par crainte de voir les pistes possibles de nouvelles formes d’écriture se fermer une à une.
Peut-on poser que cette littérature électronique reprenne pied dans un livre en bonne et due forme comme des pierres dans un jardin numérique ouvert ?
C’est ce que nous avons questionné avec nos étudiants en design multimédia du DSAA de Boulogne (France) dont quatre créations sont détaillées ci-dessous dans cette proposition.
Il semblerait que ces étudiants, ces digital natives - cette étrange génération dont l’absence d’histoire avec “l’apparaître” numérique leur permet de remodeler les champs d’intervention et de limite de l’écriture numérique - reprennent la question là où elle semble finalement la plus évidente : dans le livre, en explorant une écriture numérique qui se graphie, se visualise, se sonorise et devient une littérature de l’objet sensitif.
Les quatre créations de ces étudiants sont donc des objets exploratoires travaillant les délimitations du digital dans une logique de l’ajout. Déplacée hors du cadre central, l’écriture numérique s’incarne de façon diffuse, parfois hors de l’écran, dans un glissement de sens sur la matérialité du numérique, à la manière de nos usages quotidiens, mobiles et incarnés dans l’objet.
Prenons l’hypothèse que le livre augmenté permet de grimper les premières marches d’une localisation à venir.
C’est dans cette idée que nous vous proposons d’exposer ces quatre livres réalisés par des étudiants du DSAA, aujourd’hui membres de l’atelier de recherche et de création 3i (Images, Innovation, Interactivité), dont voici le descriptif plus détaillé.

1. Insignifiés du bruit
Héloïse d’Almeida
Insignifiés du Bruit est un projet trans media conçu autour de l’exploration plastique et sonore du domaine des bruits. Regroupés en trois catégories, les bruits utilisés dans cette édition augmentée appartiennent aux champs organiques, mécaniques et électroniques.
Des bruits des deux premiers champs, organique et mécanique, ont été investis pour produire le contenu visuel du livre dans sa forme imprimée, que le lecteur manipule. Les bruits du troisième champ - le champ électronique - ont été investis comme matière de l’augmentation de l’édition. Aboutissant ainsi à la création d’un livre composé de deux livrets et d’une augmentation sonore sur smartphone.
Grâce à un système de reconnaissance d’image, le lecteur est en mesure de scanner les pages des deux livrets simultanément, et de retranscrire les traductions visuelles en une nouvelle combinaison sonore. Ainsi les sons produits sont véritablement les signatures sonores des bruits graphiques.

2. Rode B-6-9 / Anne Deurgroënd
Lucie Plançon
Rode B-6-9, Anne Deurgroënd (= Road B-6-9, Underground) est une édition augmentée sur le thème de la musique au quotidien, et plus précisément celle perceptible dans les transports. C’est un appel au voyage, une poésie abstraite et décalée, composée de photographies et de textes interprétés par trois acteurs.
Dans le tempo unique du train, existe une multitude de rythmes, singuliers et divers, qui peuvent peu à peu paraître absurdes. Cet environnement, parfaitement réaliste à l’origine, laisse place aux chimères de chacun.
Le texte écrit, comme le trajet, se découpe en trois parties : B-6-9. Elles deviennent des formes de chansons interprétées par trois acteurs différents. Chacun y ajoute sa sensibilité et sa vision du parcours jusqu’à apporter un ton radicalement abstrait et absurde. Ces interprétations sonores sont lisibles grâce à des puces NFC qu’il faut scanner avec son smartphone.
Dans toute son abstractivité, ce projet mélange les nouvelles et anciennes technologies dans un concept éditorial comprenant 18 musiques, 12 posters, 3 pochettes et 3 voix réunis dans au sein d’1 même coffret.

3. L’invasion
Marjorie Terral
L’invasion est une édition proposant du contenu en réalité augmentée qui mêle textes, photos et graphismes. L’édition évoque une idée de sons qui se répètent, s'accumulent à différents endroits, à différents moments de la journée, avec une recherche de représentation visuelle pour les ambiances sonores. Les prises de vue, plus évocatrices que figuratives, sont là pour stimuler l’imaginaire, tout comme les motifs qui se déploient sur l’ensemble de l’ouvrage comme une tentative de traduction sonore subjective.
Ces motifs, présents dans l'édition imprimée, s'animent ensuite dans l'augmentation faisant prendre vie à chaque photographie, transformant chaque page en tableau animé et sonore. Pour chaque son entendu correspond un motif qui vient envahir la photo, ces sons viennent s'accumuler, se répéter, s'inscrire dans un rythme de plus en plus chargé pour transcrire cette sensation d'invasion, en saturant, brouillant la photo, en révélant la présence de ces bruits d'une nouvelle façon.

4. Le monde d’Hylae
Guillaume Verguin
“Le monde d’Hylae vous emmène dans un univers étrange, inspiré d’une culture lointaine … À vous de capturer un talisman dans ce monde étonnant où ne vivent qu’une faune et une flore sauvage et de dévoiler ce que cache cette pierre magique …”
Sur cette trame narrative pour la jeunesse, Le monde d’Hylae expérimente différents dispositifs numériques :
- une installation interactive
- une édition augmentée, entre papier et numérique
- une expérience VR
Tous trois remettent en question le sens du toucher, explorant une matérialité numérique.
L’édition positionne un cahier papier découpé sur une tablette et propose de nouvelles interactions.
Le lecteur lit l’histoire imprimée sur le cahier découpé, tourne les pages et aperçoit l’écran de la tablette à travers les formes découpées dans le cahier ; créant ainsi de nouvelles interactions. Chaque double page offre alors une interaction spécifique pour le spectateur.
Peut-on parler ici d’édition interactive; en effet qui vient ici augmenter l’autre, papier ou numérique? Car le cahier cache physiquement le numérique, alors que le numérique offre de nouveaux possibles au papier.
De plus les deux médiums ont été pensé simultanément, pourquoi parler d’augmentation? Peut-être pour mieux comprendre ce nouveau type d’objet et visualiser les enjeux.
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Université de Marseille
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