Vers une nouvelle lecture du patrimoine culturel. L’approche sémantique au service d’une ontologie du patrimoine

Thèmes:
Heritage as an Agent of Change (Epistemologies, Ontologies, Teaching)Notions of HeritageHeritage Changes Itself (Geographical and Linguistic Processes of Transformation)
Quoi:
Regular session
Quand:
dimanche 5 juin   09:00 AM à 12:30 PM (3 heures 30 minutes)
Discussion:
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Inscrite à l’origine dans le cadre d’un projet ANR, « ANTIMOINE » , cette proposition de session suggère une vision novatrice des outils nécessaires à la constitution de savoirs relatifs aux activités humaines situées (anthropologie des territoires), savoirs élaborés à partir d'objets du patrimoine et de leur interprétation (lecture). Eu égard à la réalité caractérisant les systèmes d'informations patrimoniaux qui fonctionnent essentiellement à partir de mots-clés avec une prise en compte très limitée d'une sémantique pré-définie, l’objectif de cette nouvelle lecture du patrimoine, culturel en l’occurrence, est d’introduire du sens dans les systèmes d'informations patrimoniaux, grâce à une approche sémantique au service d’une ontologie du patrimoine, favorisant l'activité de construction et d'interprétation du sens. L'environnement s'appuie sur une base de données constituée par un ensemble d'objets patrimoniaux.

Au delà des enjeux fixés pour le projet ANR, la session se veut l’occasion de mettre en œuvre un modèle sémantique, de filiation argumentativiste – à savoir la sémantique des possibles argumentatifs (Galatanu 2007) – pour rendre intelligible la conceptualisation du patrimoine et des objets patrimoniaux, et ce dans une perspective comparative. Il convient de rendre apparentes les différences de sens du patrimoine, et in fine les différences de lecture des objets patrimoniaux dans les contextes français et québécois.

À l'interface d’une ontologie sociale et du modèle sémantique adopté, d’un côté, et, de l’autre, de l'ingénierie des connaissances, un premier volet (quatre communications) des communications constitutives de cette session ont pour ambition de rendre significatives des connaissances en établissant des réseaux sémantiques calculables à partir d'associations sémantiques. Les connaissances obtenues, sous forme d’ontologie du patrimoine, peuvent alors être utilisées comme outil d'aide à la conception de systèmes d'information. L’enjeu scientifique est d'expliciter comment un modèle sémantique de langues naturelles ayant des aspects argumentatifs et cognitifs pourrait permettre des représentations de connaissance optimisées et faciles d'accès sur le plan informatique. Le deuxième volet (deux communications) de la session s’arrête aux différentes conceptualisations du patrimoine et des objets patrimoniaux du point de vue de leurs représentations dans les deux contextes étudiés – français et québécois – et les lectures qu’elles engendrent.

La rupture proposée par cette session et plus généralement par le projet ANTIMOINE par rapport à l'état de l'art est double : elle propose d'une part de faire coopérer la linguistique, la science des données et la réalité virtuelle pour structurer une base de données patrimoniale et créer de nouvelles relations entre ces données. Au delà de la portée de cette session, cette nouvelle approche sémantique pour la lecture du patrimoine participe d’autre part à la création de nouveaux modèles formels du patrimoine afin de contrôler efficacement ses structurations et (re)créations. Cette dernière ambition repose en particulier sur la possibilité donnée aux utilisateurs d'interagir avec ces données et ces modèles.

Pour ce faire, les communications s’articulent de façon à situer, d’abord, cette proposition de séance dans le cadre général du projet ANR, qui réunit quatre partenaires : une maison d’édition spécialiste dans le patrimoine (Topic-Topos), des informaticiens spécialistes de la fouille de données, des informaticiens de la réalité virtuelle et des linguistes. Ensuite, il sera question d’interroger, sur le plan sémantique, le processus de patrimonialisation en proposant un schéma de celui-ci à l’aide du modèle de la Sémantique des possibles argumentatifs. Il s’agira également d’aborder le processus de patrimonialisation dans l’optique de la création de la réalité sociale (voir l’ontologie sociale de Searle 2010), un processus perçu comme un acte déclaratif établissant des « statuts-fonctions », à savoir ceux d’un « objet patrimonial(isé) ». Toujours dans le cadre de ce processus de patrimonialisation, nous nous intéressons dans l’étape suivante, plus particulièrement, à l’objet patrimonial, d’abord comme objet artéfactuel et ensuite comme objet patrimonialisé, l’ensemble inscrit dans une perspective sémantico-conceptuelle. La session, dans son premier volet, se termine par la présentation de l’ontologie du patrimoine qui a été établie à la suite de cette nouvelle approche sémantique pour la lecture du patrimoine, et qui en même temps constitue l’interface de travail entre les linguistes et les informaticiens. Dans le second volet, qui se veut une étude comparative, les communications tâcheront d’appliquer le modèle de description proposé par la sémantique des possibles argumentatifs sur la représentation du patrimoine ainsi que sur quelques objets patrimoniaux afin de faire apparaître les différences de représentations y sont associées et les différentes lectures générées.

Modérateur
Université de Nantes, France
Maître de conférences

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