Les patrimoines sensibles : temps, récit, performance

Thèmes:
Changes in Heritage (New Manifestations)Notions of HeritageCitizenshipActivists and Experts
Quoi:
Regular session
Quand:
samedi 4 juin   11:00 AM à 05:00 PM (6 heures)
Mots-clés:
Changes in heritageNew manifestations of heritageNotions of heritage
Discussion:
0
Dans le cadre de cette session, nous souhaitons faire, dans une perspective multidisciplinaire et critique, un état des lieux qui interroge doublement, à la lumière de trois axes que sont la narrativité, la temporalité et la performativité, la patrimonialisation des sujets sensibles tant sur ses rôles, ses formes et ses effets sur les sociétés qui les entreprennent, que sur sa fonction révélatrice d’un monde en changement.
L’espace public laisse une place grandissante aux objets, aux lieux et aux témoignages qui incarnent des mémoires «difficiles» par rapport aux luttes sociales ou aux événements traumatisants tels que les génocides, l’esclavage, les droits autochtones et la décolonisation, ou qui font eux-mêmes les sujets de tensions et de controverses dans leur conservation, leur valorisation et leur transmission. Qu’il s’agisse de récits de vie publiés, d’expositions immersives, de documentaires historiques et sociaux, ou des banques de témoignages en ligne, les formes que prennent la patrimonialisation des sujets sensibles, ainsi que leurs effets sur les individus impliqués par ces sujets (victimes, survivants, activistes), témoignent d’une grande diversité.
Plus qu’une autre déclinaison ou approche patrimoniale, les objets et les médiations de sujets sensibles bouleversent les représentations, les pratiques et les savoir-faire des acteurs culturels et sociaux en raison, d’une part, des émotions et des enjeux dont ils sont les réceptacles et, d’autre part, des visées symboliques et politiques dont ils sont porteurs.
La patrimonialisation du sensible ne cesse de se transformer dans ses modalités et ses aspirations, influencée par des conditions géopolitiques, des régimes de valeurs ainsi que des usages politiques et identitaires toujours en évolution. Elle est également mue, dans une démarche portée par la notion de citoyenneté culturelle, par une conscience de plus en plus forte qu’un devoir de mémoire, de justice et d’éducation doit être accompli et traduit de manière permanente dans l’espace public, et notamment dans les institutions culturelles. La patrimonialisation englobe ainsi non seulement des visées de connaissance et de reconnaissance pour les communautés héritières des traumatismes, mais répond également à des impératifs sociaux qui sous-tendent le vivre-ensemble et les pratiques interculturelles, dont la prévention, la réconciliation, la réparation sociale, la responsabilisation et la solidarité sociale.
Dans cette perspective, nous tenterons de répondre au fil de la session à la question suivante: quelle est la contribution sociale, culturelle et politique, en termes de connaissances et de pratiques, de la patrimonialisation du sensible aux sociétés qui en sont les actrices?
Nous invitons, en ce sens, les participants à présenter des études de cas qui pourront alimenter la compréhension des enjeux, des mécanismes et des effets de cette forme de patrimonialisation, en portant une attention particulière aux dispositifs culturels employés, aux stratégies mobilisées et aux discours convoqués. Plusieurs points pourront orienter la discussion:
• Les formes de narrativité et de performativité associées au patrimoine sensible;
• La temporalité et ses enjeux dans la médiation des patrimoines sensibles;
• Les stratégies de mobilisation et les pratiques de valorisation des patrimoines sensibles;
• La diversité et les caractéristiques de la patrimonialisation;
• Le rôle des institutions culturelles et sociales dans la patrimonialisation de mémoires traumatisantes;
• Les collaborations entre institutions, experts, communautés, citoyens;
• Les conflits et les controverses générés par le processus et leurs effets;
• La place des émotions et de l’affect.
***
Papers in this session will consider from a multidisciplinary and critical perspective a range of theories and practices surrounding difficult heritage, including its roles, forms and effects on society. Three thematic axes—narrative, temporality and performativity—will structure the session and ensuing discussions in relation to heritage-making and sensitive subject matter. We ask what the evolving forms, and forms of address, in relation to difficult heritage, reveal to us about our changing world and cultural practices.
Objects, sites and testimony recalling painful memories and difficult heritage have proliferated in the public space. Whether this heritage arises from ongoing social struggles or traumatic pasts such as genocide, slavery, or (de)colonization, or is itself the subject of controversy in its musealization or conservation, its increasing presence in the public sphere belies an ongoing and evolving fascination with the spaces and forms of difficult memory. Life stories, immersive exhibitions, historical and social documentaries, and online testimonials are but some of the forms that the heritage-making of difficult subjects can take, while the impact on the communities associated with this heritage (victims, survivors, activists) is equally diverse.
Perhaps more so than for any other form of heritage, both the objects associated with, and interpretation of difficult subjects pose great challenges to the practices and savoir-faire of cultural practitioners. On the one hand, this form of heritage often bears highly evocative associations with difficult memories, and on the other, it harbours significant symbolic and political meaning.
The modalities of difficult heritage and its making, and the intentions underlying its curation and exhibition continue to transform in light of different geopolitical factors, value regimes, and its association with identity politics or other forms of political use. While theorizing these modalities is one of the aims of this session, it is also productive to reflect deeply, and in light of prevailing concepts of cultural citizenship, on the need for, and nature of, a spectrum of modes of memory work, justice and education in the public sphere and notably in cultural institutions. In this sense, the work of heritage-making aims not only to increase knowledge and acknowledgement of those communities affected by trauma, but responds equally to the very social imperatives that constitute the basis for vivre-ensemble and the practices of interculturality, be these prevention, reconciliation, social reparation, accountability or social solidarity.
From this perspective, a unifying question of this session relates to the roles and functions of difficult heritage, and asks: What are the social, cultural and political contributions, both to knowledge and practice, of difficult heritage to society?
We invite a range of contributions, from case studies to theoretical investigations, that will further a critical investigation of the many facets of difficult heritage, ranging from its modes and modalities, to the issues associated with its curation and public reception. What narrative devices or temporalities does it deploy? What engagements or performances does it invite? The following are possible points of discussion:
• The forms of narrative and performativity associated with difficult heritage
;• Temporality and the mediation/interpretation of difficult heritage;
• Strategies for the valorisation of difficult heritage;
• Diversity and the characteristics of heritage-making;
• The role of cultural and social institutions in heritage practices and traumatic memory;
• Collaborations amongst institutions, experts, communities and citizens;
• Conflicts and controversies surrounding difficult heritage;
• The place of emotions and affect in difficult heritage.
Modérateur
Professeure associée
Modérateur
UQAM
Professor

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