11.00  L’état de santé de l’archéologie au Québec en 2015 : Cherchant encore sa place au soleil

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9:00, lundi 6 juin 2016 (30 minutes)
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Depuis plus de cinquante ans, l’archéologie fait partie des préoccupations environnementales et sociales entourant le développement des milieux naturels, urbains et ruraux du Québec. Il existe aujourd’hui plus de 10 000 sites recensés au Québec, des plus anciens – environ 12 000 ans – aux plus récents – les vestiges de la Seconde Guerre mondiale. Plus de 200 permis de recherche archéologique sont délivrés annuellement par le gouvernement. La majorité des interventions se font dans un contexte de développement et, si l’on exclut les chantiers-écoles universitaires qui se consacrent à la formation des étudiants et à la recherche, il ne reste qu’une poignée de projets qui sont effectués avec une relative autonomie sur le plan archéologique. Ces derniers sont d’ailleurs généralement de courte durée, financés avec des sommes dérisoires et font appel au bénévolat.

Il existe au Québec deux organismes professionnels : l’Association des archéologues du Québec, mis sur pied en 1979, et Archéo-Québec, le réseau de la diffusion de l’archéologie, créé en 1999. Le premier est un organisme qui réunit les praticiens (professionnels, spécialistes et étudiants), tandis que le second regroupe des professionnels et des organismes qui œuvrent dans le domaine du patrimoine culturel (institutions muséales, organismes autochtones, universités, municipalités, gouvernements, etc.). De plus, le réseau Archéo-Québec coordonne le Mois de l’archéologie, qui a lieu en août, depuis onze ans, sur l’ensemble du territoire du Québec.  En 2008, 220 personnes travaillaient (à temps plein ou en saison) en archéologie au Québec, en fonction des lois du marché, au sein de firmes, d’organismes à but non lucratif ou à titre de consultants autonomes.

Au cours de l’été 2015, j’ai effectué une tournée des régions du Québec au nom du réseau Archéo-Québec. Cette activité a été l’occasion de rencontrer ceux et celles qui pratiquent ce métier dans bon nombre de régions, ainsi que les gens qui s’investissent corps et âme dans ce domaine culturel. Au gré des rencontres, des constats ont été faits sur la pratique professionnelle, la relève, la formation universitaire, la protection du patrimoine archéologique, sa diffusion et sa mise en valeur. Premier constat : les acteurs, les promoteurs et les enjeux entourant chaque projet se décuplent avec les années. Deuxième constat : l’archéologue doit composer avec les contextes sociaux, économiques et culturels qui encadrent son action au sein d’un projet de développement. Troisième constat : la protection, la diffusion et la mise en valeur du patrimoine archéologique demeurent encore difficilement applicables sur le terrain ; en somme, beaucoup de gestes sont posés et d’efforts fournis, mais les résultats restent bien maigres.

Dans ce survol, des réflexions liées aux défis que poursuivent les archéologues et les partenaires du milieu du patrimoine culturel seront proposées. D’ailleurs, la première est une évidence bien réjouissante : tous partagent globalement les mêmes objectifs, ceux de reconstituer l’occupation du territoire et de redonner vie à l’histoire locale et nationale, tout en s’intégrant davantage dans les enjeux du développement du territoire.

Participant
Université Laval - CÉLAT
chercheur invité

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