15.30  Expérimenter le patrimoine par la fiction

What:
Paper
When:
11:00, Saturday 4 Jun 2016 (30 minutes)
Discussion:
0

Nous désirons présenter les résultats d’une recherche qui s’est intéressée à la relation entre des jeunes (âgés entre 6 et 12 ans) et des lieux de patrimoine bâti (sites et monuments historiques) . Partant du constat que la fiction narrative nourrit l’éducation au patrimoine, quelle lecture pouvons-nous tirer des médiations éducatives des lieux de patrimoine en devenir ? Comment les fictions des industries culturelles pour les jeunes fabriquent-elles des formes patrimoniales stéréotypées ? Enfin, quelles sont les interprétations et les modalités d’appropriation identifiées dans les discours recueillis auprès des jeunes et lors de phases d’observation ? 

Les résultats font communiquer ces trois niveaux de recherche et l’originalité de ce travail est peut-être de mettre en évidence les micro-liens qui existent entre eux. Ce terme a permis de qualifier les connexions créées par analogie par des sujets et façonnées par des opérateurs multiples dispersés dans des objets, des formes, des discours et des expériences sociales vécues et donnant lieu à des représentations, des savoirs, à une production diffuse d’idées. Pour le cas présent, il s’agit par exemple de connexions établies par des jeunes entre des fictions conçues par des médiateurs ou par des industries culturelles et un lieu patrimonial. Par définition, ces micro-liens sont liés à un contexte profondément social et humain, créés, initiés par les hommes et repris dans une trivialité qui les rend incontrôlables et seraient à l’origine de l’élaboration de l’être culturel patrimoine. Dans cette dimension, les opérateurs sémiotiques relevés seraient des marqueurs intentionnellement créés et/ou repris par les médiateurs du patrimoine et par les industries culturelles pour provoquer des effets. 

La question plus générale de ce travail est : que produisent ces opérateurs fictionnels dans les médiations du patrimoine chez les jeunes ? Comment circulent-ils et comment se réinscrivent-ils ? Dans une démarche socio-sémiotique, cette présentation s’articule entre, d’une part, les opérateurs relevés dans l’analyse sémiotique de séquences du corpus de dispositifs et de produits culturels pour les jeunes (tels que les modes d’organisation de discours, la prosopopée, l’anachronisme, la paraphrase et le processus de fabrication de patrimoines stéréotypés) ; et, d’autre part, les micro-liens identifiés dans l’enquête menée auprès des enfants (la métafiction, l’hétérotopie patrimoniale, l’investissement affectivo-filiationnel, la réflexivité de la médiation et la fonction pédagogique des lieux de patrimoine). Néanmoins, l’objectif poursuivi n’est pas de catégoriser les micro-liens ou d’en proposer une typologie, mais d’en identifier certains. En effet, les opérateurs et leurs imbrications sont nombreux, parfois implicites, si bien que leur identification ne peut jamais être exhaustive. Si les pratiques culturelles sont liées aux représentations que se font les publics d’un lieu, l’identification des micro-liens pourrait apporter une réflexion intéressante dans la conception des médiations, dans leurs narrations. 

Dans un contexte éducatif, les enfants sont fortement sollicités pour raisonner en mettant en relation les choses entre elles, et particulièrement dans le cadre de l’éducation aux arts et à la culture qui prétend créer un espace transitionnel de rapport au monde et de relations aux autres. La naissance ou le développement d’une pratique pourrait alors se concevoir aussi dans et avec un « ailleurs » imprégné de discours circulants et comprenant des moments, des objets, des discours en dehors de ces lieux, autrement dit dans un espace ventilé. Les opérateurs seraient donc autant d’éléments socio-sémiotiques construits pour être repris, transformés et créés à leur tour sous la forme de micro-liens. 

Participant
Équipe Culture et Communication Centre Norbert Elias (Université d'Avignon)
PhD Student

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