16.30  Taonga : propriété ou possession ?

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Quand:
13:30, samedi 4 juin 2016 (30 minutes)
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Le terme maori « taonga » peut être traduit de diverses façons. D’une manière générale, il évoque tout ce qui peut être considéré comme une propriété (selon un dictionnaire maori paru en 1844), un objet de valeur ou encore un « trésor ». A partir de là, les choses se corsent. Non seulement les sources existantes offrent une panoplie d’équivalents, certains plutôt vagues – tels « objet » et « présent » – d’autres plus spécifiques : ainsi des biens de prestige comme les grandes capes ornées de plumes des Maori sont considérés comme des taonga. Au-delà de cette polysémie, c’est l’aspect juridique qui soulève de nombreuses questions, en premier lieu en rapport avec le Traité de Waitangi conclu en 1840 entre plusieurs centaines de chefs maori et la Couronne britannique. Aux termes de l’article deux du Traité, la Couronne consent à protéger les chefs et les clans « dans l’exercice inconditionnel de leur chefferie sur leurs terres, villages, et tous leurs trésors ». Au demeurant, le terme « taonga » désigne ici l’ensemble des possessions matérielles et immatérielles d’un groupe maori, c’est-à-dire les ressources maritimes et forestières autant que les généalogies tribales ou des biens de prestige transmis par héritage. Or, les droits des Maoris relatifs aux taonga font l’objet de nombreux litiges, ce qui tient à la polysémie du terme autant qu’à des différences de régime juridique. L’objectif de cette communication est d’ajouter une dimension juridique fondamentale au débat terminologique et conceptuel, en explorant celui-ci à la lumière de la différence entre propriété et possession. Le premier terme désigne une catégorie universelle déterminant, entre autres, les modalités d’utilisation et de partage des ressources, notamment biotiques, tandis que le second renvoie à une forme historiquement déterminée de possession, liée au capitalisme industriel. Le terme de taonga acquiert différents sens selon qu’on l’aborde sous l’angle de l’une ou de l’autre, l’aspect crucial étant que les systèmes autochtones de possession tendent à échapper au cadre normatif et juridique dominant, lui-même régi par la logique de la propriété (privée ou non).

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