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L’itinérance féminine à Montréal : entre violence et invisibilité — Résultats préliminaires

Partie de:
Quand:
10:30, Mercredi 10 Mai 2023 EDT (30 minutes)
Comment:

Traditionnellement associée à une population masculine, âgée, célibataire et alcoolique, la crise de l’itinérance prend désormais de multiples visages : femmes, familles, personnes âgées et jeunes (Gaetz et al., 2013). Plusieurs recherches illustrent le même constat : la population itinérante féminine constitue le groupe ayant eu la plus grande augmentation depuis les dernières années (Ouellette, 1989; Mercier, 1996; Novac et al., 1996; Laberge et al., 2000). La croissance del’itinérance des femmes révèle les effets de la conjugaison et de l’intrication des transformations sociales profondes et des tendances macrosociologiques de précarisation des femmes depuis les années 1980 (Laberge et al., 2000). De plus, les inégalités instaurées par le patriarcat et le capitalisme maintiennent une plus grande précarité chez les femmes, un phénomène sensible notamment dans leurs conditions de logement (Lewis, 2016; Desroches, 2018). Malgré tout,l’itinérance féminine est systématiquement occultée et sous-représentée dans les recherches scientifiques, les enquêtes statistiques et les politiques publiques en raison du manque de reconnaissance de la spécificité féminine du phénomène (Ouellette, 1989; Novac et al., 1996; Van Berkum & Oudshoorn, 2015; Lewis, 2016; Roberge-Regimi, 2016; Bellot, 2016).

Notre projet de recherche s’inscrit dans un changement de paradigme face à l’actuelle lecture de l’itinérance, foncièrement masculine et préconisant une représentation visible du phénomène, afin de mieux saisir la complexité et l’invisibilité de l’itinérance féminine (Bellot, 2016). Plus précisément, cette étude cherche à comprendre le droit à la ville ainsi que l’expérience urbaine des femmes en situation d’itinérance à Montréal. Ainsi, à travers une approche féministeintersectionnelle et une analyse différenciée selon les sexes (ADS+), nous cherchons à révéler les pratiques socio-territoriales spécifiques des femmes en situation d’itinérance, comme les stratégies de survie employées, les lieux fréquentés, les services utilisés, les contraintes rencontrées ou imposées et la mobilité sur le territoire urbain, incluant les espaces publics, semi-publics et privés. Particulièrement dans le contexte actuel de post-pandémie de la Covid-19, une étude portant sur l’itinérance au féminin a le potentiel d’identifier d’éventuelles solutions aux problématiques d’accès au logement et au territoire pour les femmes en situation de précarité à Montréal, notamment en vertu de ressources plus dédiées et mieux adaptées à celles-ci afin de construire un « filet social tricoté serré » (Bellot, 2016 : 16; FRAPRU, 2020).

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