The learning and use of suprasegmental information in second-language speech perception and spoken word recognition: Where are we now?

Thème:
Plénière
Quoi:
Conférence (anglais) / Keynote Address (English) / Conferencia (inglés)
Quand:
9:00 AM, mercredi 22 mai 2019 (1 heure 15 minutes)
Discussion:
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L’apprentissage et l’usage de l’information prosodique
dans la perception et reconnaissance des mots parlés chez les apprenants de langue seconde :
Où en sommes-nous ?

La reconnaissance des mots parlés dans la langue maternelle (L1) est rapide et efficace. L’un des facteurs contribuant à l’efficacité de ce processus est l’usage de les informations prosodiques du mot. Par exemple, dans les langues à accent tonique, les auditeurs natifs activent davantage les mots dont l’accent tonique correspond au signal acoustique que ceux dont l’accent tonique ne correspond pas au signal (p.ex. Cooper, Cutler & Wales, 2002; Donselaar, Koster & Cutler, 2005 ; Reinisch, Jesse & McQueen, 2010 ; Soto-Faraco, Sebastián-Gallés & Cutler, 2001). À titre d’illustration, en entendant la syllabe accentuée CAR-, les auditeurs anglophones activent davantage les mots tels que CARcass ‘carcasse’, CARpet ‘tapis’ et CARtridge ‘cartouche’ que les mots tels que carTEL ‘cartel’ et carTOON ‘dessin animé’ (p.ex. Cooper et al., 2002). Cela réduit le nombre de mots s’activant en concurrence et accélère la reconnaissance des mots, la rendant beaucoup plus efficace que si l’accent tonique n’était pas pris en considération.

Il est bien établi que la reconnaissance des mots parlés dans une langue seconde (L2) est plus lente et moins efficace. Des recherches antérieures ont en effet démontré que ce manque d’efficacité provient entre autres de l’usage non natif des informations prosodiques du mot chez les apprenants de L2 (p.ex. Connell et al., 2018 ; Dupoux, Sebastián-Gallés, Navarrete, & Peperkamp, 2008 ; Lin, Wang, Idsardi, & Xu, 2014 ; Qin, Chien, & Tremblay, 2017 ; Tremblay, 2008). Quoique les chercheurs reconnaissent de manière générale que les difficultés des apprenants de L2 à percevoir et à traiter l’accent tonique résultent de la L1, ils ne s’entendent pas sur la nature des effets de L1. Les approches phonologiques stipulent que la capacité des apprenants de L2 à apprendre l’accent tonique et à l’utiliser dans la reconnaissance des mots parlés est liée à la présence ou non de contrastes d’accent tonique dans la L1 (p.ex. Dupoux et al., 2008 ; Lin et al., 2014 ; Peperkamp & Dupoux, 2002 ; Tremblay, 2008). En revanche, les approches phonétiques (de pondération d’indices) proposent que la capacité des apprenants de L2 à apprendre l’accent tonique et à l’utiliser dans la reconnaissance des mots parlés résulte du degré auquel les indices acoustiques de l’accent tonique dans la L2 signalent des contrastes lexicaux dans la L1 (p.ex. Chrabaszcz, Winn, Lin & Idsardi, 2014; Connell et al., 2018; Qin et al., 2017; Zhang & Francis, 2010).

Dans cet exposé, je fournirai des éléments de preuve montrant qu’une approche phonétique (de pondération d’indices) a davantage de valeur explicative qu’une approche phonologique pour comprendre l’usage de l’accent tonique dans la reconnaissance des mot parlés chez les apprenants de L2. Pour ce faire, je présenterai les résultats d’expériences de pondération d’indices, de rappel de séquences et d’oculométrie testant la perception et/ou le traitement de l’accent tonique chez les apprenants néerlandais et mandarin de l’anglais L2 (et chez les auditeurs natifs de l’anglais). L’exposé se terminera par une discussion des implications théoriques et pédagogiques des recherches présentées.

Moderateur
UQAM - École de langues
Participant
University of Kansas
Ph. D.

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